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Régulation financière : vers une énième reculade de la France et de la Commission européenne ?

Sous la pression de la France notamment, la Commission européenne pourrait décider d’abandonner le projet de directive bancaire, présenté il y a un an.
C’est ce qui ressort d’un courrier, signé de la main du nouveau Commissaire européen aux services financiers, Jonathan Hill (réputé proche de la City londonienne), et dont le contenu vient d’être dévoilé.
Le projet de directive, élaboré par Michel Barnier, qui prévoit d’interdire aux banques de spéculer pour leur compte propre, pourrait être finalement abandonné. Ce projet envisageait également de contraindre les banques à filialiser leurs activités à risque, au-dessus d’un certain volume réalisé.
Après une loi de façade sur la séparation des activités bancaires, adoptée par la majorité actuelle en 2013, il est aujourd’hui prioritaire de renforcer la régulation financière, notamment à l’égard des banques considérées comme « trop grosses pour faire faillite » (too big to fail), qui font peser des risques immenses sur l’économie réelle. Certaines banques ont aujourd’hui des bilans plus importants que le PIB de leur pays. Les objectifs fixés par la proposition de directive Barnier vont donc plutôt dans le bon sens.
Les députés du Front de gauche dénoncent donc cette énième reculade en matière de régulation financière. Les tentatives de la France visant à torpiller ce projet sont scandaleuses et montrent une nouvelle fois que le gouvernement est aujourd’hui plus prompt à se faire le défenseur des banques plutôt que de défendre l’intérêt général.
Président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker semble, pour sa part, plus en pointe pour définir des schémas d’optimisation fiscale que pour définir de nouvelles règles contraignant les banques à servir l’économie réelle.
La stratégie du Commissaire Jonathan Hill, à la botte des grands établissements financiers, est tout aussi déplorable. Dès sa prise de fonction, il indique clairement qu’il compte œuvrer en tant que fidèle serviteur des intérêts de ceux qui portent la responsabilité de la crise actuelle.
Les députés du Front de gauche tiennent à réaffirmer leur soutien à leurs amis députés de la Gauche Unitaire Européenne (GUE/NGL) au Parlement européen, qui réclament fermement la démission de la Commission Juncker.

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