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Transition énergétique : une loi d’affichage qui ne se donne pas les moyens de ses ambitions

Les députés du Front de gauche ont voté contre le projet de loi relatif à la transition énergétique pour la croissance verte.
Dans ce texte de loi, de grandes ambitions sont certes affichées : construire un nouveau modèle énergétique plus diversifié, plus équilibré, plus sûr et plus participatif, visant à relancer la croissance toute en luttant contre le réchauffement climatique, pour réduire le chômage et la facture énergétique de la France.
Cependant, pour atteindre ces objectifs, le projet de loi propose peu de mesures concrètes et reste le plus souvent dans l’incantation. Nombre de mesures ne sont pas financées.
Selon les évaluations de l’ADEME, il faudrait mobiliser entre 10 et 30 milliards d’euros supplémentaires chaque année par rapport aux niveaux actuels des investissements énergétiques (37 milliards d’euros) pour parvenir au mix énergétique envisagé.
Or il n’est retenu que 10 milliards sur trois ans, sous forme de crédit d’impôts, de chèque énergie et de fonds pour accompagner les collectivités locales, les particuliers, les entreprises et les banques.
Ainsi, faute de fonds et de leviers propres, le sort de la loi est lié au bon vouloir des collectivités et des citoyens, appelés à mettre la main dans la poche, voire des partenaires industriels privés à la recherche de profits à court terme.
Certes, le groupe des députés Front de gauche se félicite de l’adoption de quelques-uns de leurs amendements : la reconnaissance de l’accès à l’énergie comme un droit fondamental ; l’exigence pour les politiques de l’énergie de garantir un haut niveau de protection sociale et de garanties collectives pour l’ensemble des personnels du secteur de l’énergie ; un amendement visant à faire de la lutte contre la précarité énergétique l’un des objectifs de la politique énergétique. Mais ils ne suffisent pas à rééquilibrer de graves reculs :

  • L’ouverture à la concurrence de l’exploitation des concessions hydrauliques et l’annonce de l’enterrement de l’écotaxe qui s’inscrivent dans une dérive imposée par l’Europe libérale.
  • La remise en cause de la maîtrise publique de la production et le risque d’explosion du coût de l’énergie qui sont, du point de vue économique et social, deux des aspects les plus préoccupants de ce texte.
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