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Questions au gouvernement

Pauvreté

La semaine dernière, nous avons appris « en même temps » – si j’ose dire ! –, de France stratégie, d’une part, que l’effet combiné de vos décisions relatives à l’allégement fiscal sur les dividendes et à la suppression de l’ISF – impôt de solidarité sur la fortune – avait littéralement fait exploser les revenus des plus riches et du Secours populaire, d’autre part, que depuis le début de la crise du covid-19, un million de personnes supplémentaires avaient vu leur vie basculer dans la pauvreté.

Dans la sixième puissance économique du monde, dix millions de nos compatriotes dépendent des banques alimentaires, ne savent plus comment payer leur loyer, leur eau et leur électricité, renoncent aux soins et vivent la peur au ventre. Ces nouveaux captifs de la pauvreté sont des intérimaires, des extras, des personnes en fin de CDD, des saisonniers et des chômeurs en fin de droits qui ne bénéficient pas, ou plus, de la couverture chômage en raison de votre réforme. Ce sont également des indépendants, des commerçants, des artisans, des autoentrepreneurs ; ce sont aussi des étudiants et des jeunes qui n’ont droit ni au RSA, ni au chômage, et dont les premiers pas dans la vie se feront sur un chemin d’angoisse.

Bref, ce sont les premiers de corvée et les cobayes de la « start-up nation » !

Pour faire face à cette vague de pauvreté inédite depuis la Deuxième Guerre mondiale, monsieur le Premier ministre, pouvez-vous, à défaut de vous réinventer, au moins vous amender et tirer les enseignements de vos erreurs ? Alors que le pays traverse une crise exceptionnelle, allez-vous enfin vous corriger et mettre la justice sociale au cœur de votre plan de relance ? Allez-vous enfin mettre à contribution l’enrichissement exceptionnel de quelques-uns, par un impôt exceptionnel – un « impôt covid » – au bénéfice de tous ? (Applaudissements sur les bancs des groupes GDR et FI, ainsi que sur de nombreux bancs du groupe SOC.)

M. le président. La parole est à M. Olivier Dussopt, ministre délégué chargé des comptes publics.

M. Olivier Dussopt, ministre délégué chargé des comptes publics. Le Gouvernement et la majorité ont pris leurs fonctions après deux quinquennats caractérisés par le même mouvement : l’augmentation des prélèvements obligatoires, en particulier pour les ménages même si une inflexion a été aménagée pour les entreprises, au milieu du quinquennat précédent, avec le crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi – CICE. La ligne du présent gouvernement est différente : il s’agit de baisser les impôts et nous baissons les impôts comme jamais. Fin 2021, la baisse d’impôts atteindra 45 milliards d’euros, la moitié au bénéfice des entreprises, l’autre moitié au bénéfice des ménages. Pour ces derniers, la diminution dépasse 20 milliards, dont 10 milliards correspondent à la suppression de la taxe d’habitation pour 80 % des Français – bien loin des 0,1 % des plus riches que vous stigmatisez ! À cela s’ajoutent la défiscalisation et l’exonération de cotisations sociales des heures supplémentaires, dont on sait pertinemment que ce sont les ouvriers, les employés et les classes moyennes qui en font le plus.
M. Stéphane Peu. Et les plus pauvres ?

M. Olivier Dussopt, ministre délégué. S’y ajoute aussi la baisse de l’impôt sur le revenu pour les deux premières tranches, à hauteur de 5 milliards.

M. Stéphane Peu. Ce n’est pas du tout ma question !

C’est aussi ce gouvernement qui, en plus de ces baisses d’impôts, a appliqué la plus grande revalorisation des minima sociaux et le reste à charge zéro. C’est grâce à ce gouvernement que, si vous avez besoin de changer de lunettes, si vous avez besoin de soins dentaires ou de prothèses auditives, vous n’avez pas de reste à charge à payer– et vous devriez vous en féliciter ! C’est ce gouvernement qui fait preuve de la plus grande solidarité vis-à-vis des plus fragiles, et qui, contrairement à vous, s’attaque aux inégalités à la racine plutôt que de se contenter d’en traiter les symptômes. C’est cette majorité qui a de quoi être fière – fière de ce qu’elle fait, fière de ce que nous faisons !

M. André Chassaigne. Fière d’une mécanique inhumaine ?

M. Olivier Dussopt, ministre délégué. Les leçons de solidarité, monsieur Peu, nous n’en avons pas besoin ! (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LaREM. – Exclamations sur les bancs du groupe GDR.)

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Stéphane
Peu

Député de Seine-Saint-Denis (2ème circonscription)

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