Le sens des responsabilités commande un « Pacte de solidarité »

Les Vœux du président de la République se suivent et se ressemblent… malheureusement. François d’Hollande vient de préciser le « pacte de responsabilité aux entreprises », dont les fondements et les contours relèvent de la volonté de complaire au patronat. Les grands chantiers annoncés pour la mise en œuvre de ce pacte confirment le choix libéral de l’allégement des prélèvements pour les entreprises, dans la continuité de l’inique « crédit d’impôt pour la compétitivité et l'emploi » (CICE). Avec l’austérité budgétaire, la baisse du coût du travail est devenue un dogme de la majorité au pouvoir. A croire que le véritable ennemi du chef de l’Etat, ce n’est plus « la finance » - malgré sa déclaration de principe durant la campagne présidentielle - mais « le coût du travail » ! L’ennemi ayant été identifié, l’allié est également choisi : le patronat, auquel le président de la République propose une sorte de « partenariat », avec notamment pour objectif de le « dégager » de toute responsabilité sociale. Ainsi promet-il aux entreprises de les exonérer d’ici 2017 des cotisations familiales. Les contreparties en termes d’emplois ont de fortes chances de se transformer en un jeu de dupes pour les salariés. Cette méthode est désormais connue et l’on sait à quels reculs ont conduit ce type de négociations (retraites, ANI). Le chef de l’Etat a, par ailleurs, réaffirmé sa volonté d’approfondir l’austérité avec une nouvelle baisse de 50 milliards de la dépense publique, dont les premières victimes seront la santé, les collectivités territoriales et les services publics de proximité.
Nous ne sommes pas enclins à laisser faire, à laisser la majorité au pouvoir céder définitivement aux sirènes du libéralisme. C’est pourquoi nous opposons au pseudo « pacte de responsabilité », un authentique « pacte de solidarité » digne des valeurs de la gauche et à la hauteur des attentes de nos concitoyens.
Face à l’austérité budgétaire, l’abandon de nos services publics et l’« irresponsabilisation sociale » des entreprises, nous préconisons un tournant… à gauche ! Un changement de cap où l’instrument budgétaire puisse servir d’authentiques objectifs de croissance et de solidarité.
Notre conception de la solidarité nationale suppose aussi de repenser le projet européen, de reconstruire l’Union européenne, par l’adoption d’un « Traité social » porteur de valeurs et normes protectrices de nos travailleurs, socle d’une Europe solidaire libérée de la tutelle des marchés financiers, des dogmes du néolibéralisme et de l’orthodoxie budgétaire.
Nous, députés du Front de gauche, malgré la crise, nous croyons plus que jamais dans les valeurs de solidarité et de justice sociale.

Les député-e-s du Front de gauche