Les député-e-s communistes sollicitent le Président de la République pour intervenir dans la libération de Salah Hamouri

Nous avons adressé ce jour un courrier au Président de la République pour l'interroger sur l'incroyable situation judiciaire dont est victime le jeune avocat franco-palestinien Salah Hamouri.

Face à son emprisonnement injuste en Israël nous demandons au Président de la République de faire entendre la voix de la diplomatie française afin d'obtenir au plus vite sa libération.

Copie du courrier :
Monsieur le Président,
Lors de votre discours prononcé à l’occasion de l’ouverture de la conférence des Ambassadeurs le 29 août dernier, vous avez jeté les bases de la diplomatie française telle que vous la souhaitez. Sécurité, indépendance et influence ont été les maîtres mots de ce discours.
Pierre angulaire de la diplomatie française, «raison d’être de notre diplomatie», la sécurité du monde, et celle de nos ressortissants en première instance, sera la tâche primordiale de tout le corps diplomatique français.
Cette sécurité, selon vos dires, ne peut perdurer si la France ne maintient pas une certaine indépendance, pour «continuer de défendre activement les libertés fondamentales» partout dans le monde.
Comme vous Monsieur le Président, nous ne tolérons jamais l’injustice. Comme vous, nous rejetons la haine et l’arbitraire.
Mais comment croire en votre discours, et en votre volonté infaillible de faire de la France un pays qui compte à nouveau dans le concert des nations si à la première occasion, la diplomatie française reste bloquée alors qu’un ressortissant franco-palestinien de 32 ans, Salah Hamouri, est victime d’un acharnement judiciaire tout à fait insupportable en Israël.
Retenir Monsieur Salah Hamouri dans des conditions aussi injustes et contraires aux libertés fondamentales est une insulte à la France. Depuis le 23 août, nul ne semble en mesure d’intervenir fermement auprès du gouvernement israélien ni de mobiliser tous nos moyens pour une issue favorable à la libération de ce jeune avocat.
Arrêté à son domicile le 23 août, mis à l’isolement, jugé par la Cour de Jérusalem le 29 août, rejugé le 5 septembre puis le 13 septembre, il est aujourd’hui en «détention administrative». La situation est extrêmement grave : il est en prison sans preuve ni jugement contradictoire, tout ceci à partir d’un dossier tenu «secret». L’arbitraire est total.
Malheureusement, permettez-nous de vous rappeler que si le discours prononcé à l’occasion de l’ouverture de la conférence des Ambassadeurs constitue l’un des actes forts de la diplomatie sous votre présidence, il est déjà largement terni par votre inquiétant silence sur le dossier de Salah Hamouri. La faiblesse de certaines relations bilatérales met en péril tout l’édifice diplomatique que vous tentez de mettre en œuvre depuis votre arrivée au pouvoir.

Car vous l’avez dit vous-même, «il est fondamental que la France continue à peser sur la question israélo-palestinienne» dans le cadre d’une indépendance assumée. Peut-être serait-il temps d’assumer l’indépendance de la France par rapport à Israël qui est un Etat comme les autres : ni au-dessus, ni au-dessous des autres. Pourquoi ce silence alors que vous avez assumé l’indépendance de la France vis-à-vis de la Turquie dans le dossier du journaliste Loup Bureau, lui aussi retenu arbitrairement, en demandant à Monsieur Erdogan une libération rapide et un retour en France du journaliste le 27 aout dernier ?
Monsieur le Président, nous vous demandons que la situation de Salah Hamouri fasse l’objet d’une attention identique à celle de notre compatriote en Turquie en prison sous le soupçon d’appartenir à une organisation terroriste. Il est essentiel que la voix de la France se fasse entendre de la même manière à chaque endroit du monde où la liberté et la sécurité de ses ressortissants est en jeu.
Nous vous prions de recevoir, Monsieur le Président de la République, l'expression de nos sentiments respectueux.