Politique diplomatique de la France

par Buffet Marie-George

J’associe Jean-Paul Lecoq à ma question. Monsieur le Premier ministre, samedi dernier se déroulait la journée internationale de la paix instituée par l’Organisation des Nations unies – ONU – afin de promouvoir partout la paix. Dans le monde entier, des femmes et des hommes se sont mobilisés pour la culture et le droit humain à la paix. En France, de nombreuses initiatives, hélas peu relayées par les médias, se sont déroulées à l’initiative du Mouvement de la paix et de Mères pour la paix.

Dans le même temps, la parole de la France dans le concert des nations s’essouffle et sa politique extérieure, hors intervention militaire, s’affaiblit.

Les oppositions de doctrine, apparues hier lors de l’Assemblée générale de l’ONU, doivent renforcer notre conviction que, face aux différents impérialismes et nationalismes exacerbés, en particulier celui des États-Unis, la France doit s’imposer comme la nation de la coopération, capable de s’adresser à tous les pays mais sans compromission.

Or, au-delà du discours, la France continue de vendre des armes à des régimes ne respectant pas les droits humains et le démantèlement de ses effectifs diplomatiques à l’étranger se poursuit. (Applaudissements sur les bancs des groupes GDR et FI.)

M. Jean Lassalle. Bravo !

Mme Marie-George Buffet. Ces trente dernières années, ceux-ci ont diminué de 53 % et, d’ici la fin du quinquennat, vous prévoyez une nouvelle baisse de 10 %. Dans le même temps, les crédits dédiés à l’armement, en particulier nucléaire, augmentent. Cette logique, imposée par l’OTAN et contraire à la promotion de la paix, doit s’inverser. Dans un récent sondage, 72 % des Français se disent d’ailleurs favorables au désarmement nucléaire.

Aussi, monsieur le Premier ministre, comptez-vous revenir sur la baisse des effectifs de la diplomatie afin que la France soit à la hauteur de l’ambition exprimée à l’ONU ? (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes GDR, FI et NG.)

M. le président. La parole est à Mme la ministre chargée des affaires européennes.

Mme Nathalie Loiseau, ministre chargée des affaires européennes. Cette semaine s’ouvre l’Assemblée générale des Nations unies. C’est l’occasion de se pencher sur l’état de la paix dans le monde. Que constate-t-on ? Des progrès : la fin d’un conflit meurtrier entre l’Érythrée et l’Éthiopie ; dans les Balkans, un dialogue courageux entre la Serbie et le Kosovo ; en Asie, un réchauffement entre les deux Corées après ce qui avait pu faire craindre un embrasement militaire il y a peu.

Mais l’état de la paix dans le monde ne se résume pas à ce bilan assez positif, vous l’avez dit : la tragédie syrienne se poursuit depuis 2011 ; le processus de paix au Proche-Orient fait du surplace ; au Yémen, la population subit une crise politique, militaire et humanitaire de grande ampleur.

Face à cet état du monde, que devons-nous faire ? Nous résigner, regarder le monde tel qu’il est en spectateur, certainement pas ! En Syrie, en Libye, en Ukraine, la France propose et agit. Accepter la loi du plus fort comme certains nous y incitent, pas davantage ! Nous croyons à la force de la loi ainsi qu’à un multilatéralisme ambitieux et rénové dont notre monde n’a jamais eu autant besoin.

Nous sommes en 2018. Souvenons-nous de ce qu’a été notre continent et voyons ce qu’il est aujourd’hui. Il y a un siècle, la première guerre mondiale prenait fin. L’Europe connaît la paix depuis soixante-dix ans, soit la période la plus longue de son histoire.

En novembre prochain, la France accueillera le Forum de Paris sur la paix qui rassemblera des milliers de représentants de la société civile, aux côtés des chefs d’État et des représentants des organisations internationales. Cent-vingt projets pour la paix dans le monde seront présentés. Plus que jamais, la France est active pour défendre la paix dans le monde. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LaREM.)