Interventions

Budget de l’Etat

PLF pour 2021 - Médias, livre et industries culturelles

Après les débats que nous avons eus ce matin sur la mission « Culture », je crois pouvoir dire que chacun et chacune d’entre nous perçoit la gravité de la situation dans laquelle évoluent le secteur culturel et son écosystème.

Les enjeux sont immenses. S’ils sont évidemment budgétaires, ils concernent aussi – et avant tout – nos vies, nos imaginaires, le rapport que nous entretenons avec les œuvres et dont nous avons besoin pour bousculer les normes et dégager nos horizons.

La mission « Médias, livre et industries culturelles » devrait, elle aussi, contribuer dégager les horizons. Des efforts sont certes consentis dans ce domaine, notamment en faveur de la presse en ligne, mais nous ne cesserons de répéter, année après année, que les aides à la presse sont à revoir en profondeur tant les médias sont rongés par la concentration.

Ayant plaidé l’année dernière pour que ces aides bénéficient aussi à la presse en ligne, je suis satisfaite d’avoir été entendue puisque c’est le cas cette année. Néanmoins, nous pensons qu’il faudrait s’attaquer à l’évasion fiscale pratiquée par des groupes qui perçoivent des aides à la presse, et instaurer une plus grande transparence.

J’en viens à l’année blanche dont bénéficient les intermittentes et les intermittents jusqu’au mois d’août. En réponse aux questions qui vous ont été posées ce matin sur une possible prolongation de ces droits d’indemnisation, vous avez répondu, madame la ministre, que la décision serait prise si nécessaire. Pour ma part, il me semble que la nécessité saute aux yeux dès à présent et qu’il faudrait rassurer les intermittents.

Cependant, notre principale inquiétude vient du sort réservé dans ce budget au service public de l’audiovisuel, dont vous continuez à réduire les moyens – 70 millions d’euros de baisse des crédits en 2021 pour la télévision et la radio publique.

Lors du confinement, tout le monde a salué le travail effectué par les agents de ce service public. Plus l’information est complexe, plus la défiance est grande, plus il est nécessaire de diffuser la culture, et plus ces agents doivent avoir les moyens de travailler en étant soucieux de leur mission de service public.

Or nous constatons que, dans l’audiovisuel public, s’exerce une pression pour accélérer le mouvement des départs anticipés.

Nous aurions pu penser que les missions de l’audiovisuel public ne sont pas compatibles avec la poursuite de ces plans sociaux. Nous aurions pu penser aussi que, vu la crise sociale dans laquelle plonge notre pays, les mesures de départs anticipés dans le secteur public ne sont pas forcément les plus urgentes à prendre.

Malgré les plans de relance, les plans sociaux se succèdent dans ces services publics qui, en cette période, seront pourtant les principaux canaux de diffusion de spectacles vivants et de l’expression des artistes.

Pour justifier la suppression de France Ô, l’été dernier, on a dit qu’elle permettrait aux outre-mer d’avoir plus de visibilité. À mon avis, il aurait fallu faire l’inverse – donner plus de visibilité aux outre-mer avant de supprimer France Ô – car, pour le moment, le résultat n’est pas probant.

Dans la même veine, il a été décidé de supprimer la station de radio FIP en région, alors qu’elle était pourtant un canal de promotion de la vie culturelle en proximité.

Si le groupe de la Gauche démocrate et républicaine vote contre ce budget, c’est donc principalement en raison du traitement réservé à l’audiovisuel public.

Dans le champ des industries culturelles, vous continuez à concentrer les efforts sur le tout nouveau Centre national de la musique – CNM. À ce stade, il est assez difficile d’évaluer l’efficacité de cette stratégie, alors que les attentes sont immenses comme le montre l’appel lancé par le Syndicat des activités événementielles – SAE.

Ce syndicat représente les artistes mais aussi les professionnels des métiers techniques de la scène – régisseurs, machinistes, ingénieurs du son et des lumières. Tous n’ont pas le statut d’intermittent du spectacle, certains étant indépendants, d’autres auto-entrepreneurs.

Au passage, profitant de mon intervention, je continue à demander la suppression de la réforme de l’assurance chômage.

Faute de temps, je n’aborde pas ici la lecture et les bibliothèques, mais je suis sûre que j’aurais l’occasion d’en parler à un autre moment.

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Elsa
Faucillon

Députée des Hauts-de-Seine (1ère circonscription)

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