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Débarquement de Normandie

Deux jours avant le jour le plus long, la BBC fait entendre la deuxième partie du vers de Charles Trénet, inspiré de Verlaine, « Bercent mon cœur d’une langueur monotone », ainsi que 160 autres « messages personnels ». L’armée des ombres se met en action. Les résistants et les syndicats, notamment la CGT Cheminots et la CGT PTT entament leurs actions de sabotage des lignes de communication radio et de chemin de fer.

Parallèlement, des groupes de la Résistance détruisent des lignes à haute tension, des dépôts de carburant, de munitions, tout en intensifiant les actions d’information et d’aide aux soldats alliés parachutés. Des réseaux de résistance, principalement communistes et gaullistes, unifiés à partir de 1943 par le Conseil national de la Résistance, se mobilisent du 4 au 6 juin, pour prêter main-forte aux alliés.

Un général américain a indiqué que 80 % des renseignements utiles à la libération de la France ont été fournis par les services secrets de la Résistance. Le 6 juin 1944, le débarquement en Normandie est donc lancé, permettant de soulager le front de l’Est, que l’URSS porte à bout de bras depuis 1941 et qui a déjà subi plus de 10 millions de morts du côté soviétique et 6 millions de morts du côté allemand. De ce côté-ci de l’Europe, on a peine à imaginer l’ampleur de ce carnage où, depuis trois ans, un homme meurt toutes les dix secondes.

Obliger la Wehrmacht à diviser ses troupes entre ce nouveau front ouvert par les Alliés, venus en majorité d’Amérique du Nord, et le front de l’Est, tenu par l’Armée rouge, a permis le débarquement du 6 juin 1944, qui a clairement précipité la chute du Troisième Reich.

J’ai évidemment une pensée émue pour tous ces soldats qui ont participé au Débarquement, afin de libérer une terre… (La voix de l’orateur se brise)… qui n’était pas la leur. (Applaudissements sur tous les bancs.) Ces soldats alliés, ceux de l’armée française de la Libération, évidemment ceux du premier bataillon de fusiliers marins, qui ont débarqué sur les plages, les aviateurs, les marins français qui ont contribué au Débarquement.
Cette proposition de résolution portée par le président de l’Assemblée nationale nous permet donc, à notre manière, d’exprimer notre gratitude et la reconnaissance de la représentation nationale pour cette action militaire qui a permis de libérer notre territoire, au prix du sacrifice d’un grand nombre de jeunes.

Je voudrais aussi évoquer les bombardements menés par les Alliés sur certaines villes. Deux d’entre elles, au moins, ont payé un lourd tribut.

Le Havre, écrasée sous 1 800 tonnes de bombes. Certaines au phosphore. Larguées massivement sur des quartiers où l’armée allemande n’était pas présente. Cette ville a été détruite à 80 %. Deux mille de ses habitants ont péri. C’est aussi cela, l’horreur de la guerre. Ce sont des civils innocents, qui meurent par milliers.

Souvenons-nous aussi de ces déportations massives, uniquement fondées sur des opinions religieuses, politiques, sur une orientation sexuelle, sur des origines ethniques, sur un handicap. Souvenons-nous de ces meurtres pratiqués à l’échelle industrielle, rationnellement organisés dans les camps de concentration et d’extermination.

N’oublions jamais non plus les abominations ultimes qu’ont représenté, le 6 et le 9 août 1945, les deux bombardements nucléaires américains sur Hiroshima et Nagasaki, qui ont fait 250 000 morts en quelques secondes. Les 15 000 bombes nucléaires que détiennent certains États aujourd’hui peuvent détruire notre planète plusieurs fois.

La lutte pour la paix doit aussi continuer, dans le sens du désarmement multilatéral et complet de toutes les puissances nucléaires. L’article VI du traité sur la non-prolifération des armes nucléaires doit être parfaitement respecté. Le Traité sur l’interdiction des armes nucléaires est là pour nous le rappeler, avec toute la force du mouvement citoyen.

À ce sujet, j’appelle notre Parlement à mettre en place la délégation permanente à la dissuasion nucléaire, à la non-prolifération, à la maîtrise de l’armement et au désarmement que j’ai proposée avec Michel Fanget dans notre rapport d’information de la commission des affaires étrangères. Car une attaque nucléaire laisse des stigmates indélébiles, dans les gènes mêmes des survivants.

Les efforts que nous menons à juste titre en France pour préserver la biodiversité et notre environnement resteront vains, si nous ne supprimons pas ces armes, qui peuvent détruire notre planète en quelques minutes. C’est donc par cohérence que nous devons nous mobiliser pour l’écologie et, dans le même temps, pour un désarmement nucléaire global, total et irréversible.

Cette mémoire des atrocités doit s’accompagner d’une volonté indéfectible de ne plus reproduire cela, en travaillant à la paix et à l’amitié entre les peuples. Tous ensemble, comme le Parti communiste français, le Mouvement de la paix et d’autres organisations, chaque 21 septembre, à l’occasion de la Journée internationale de la paix, célébrons la paix, pour garder en mémoire les horreurs de la guerre. Amplifions ces commémorations et donnons-leur du sens.

Enfin, je ne peux conclure sans penser au Chant des partisans… … dont les paroles devront résonner pour toujours : « Il y a des pays où les gens au creux des lits font des rêves / Ici, nous, vois-tu, nous on marche et nous on tue, nous on crève... »

Les parlementaires, les militants du parti communiste œuvrent sur tous les fronts pour que seul le premier vers devienne réalité, et pour que la jeunesse n’ait que des rêves à réaliser.

À nos libérateurs de tous les pays : merci, spassiba, thank you. Vive la paix ! (Applaudissements nourris et prolongés sur tous les bancs.)

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