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PLF 2014 (commission élargie) : Défense

Les révélations sur l’espionnage des États-Unis sont extrêmement graves. En matière de défense, le Gouvernement a le devoir de tirer toutes les conséquences politiques de cet acte d’agression. Notre participation au commandement militaire intégré de l’OTAN est directement remise en cause. L’achat de drones MALE aux États-Unis doit être revu : commander de tels drones, dont tous les systèmes informatiques et de télécommunication sont sous contrôle américain, revient à donner au Pentagone les clefs d’une partie de notre politique de défense. Si les députés du Front de gauche voient d’un bon œil les efforts sur la cyberdéfense, les drones, le ravitaillement en vol et le transport logistique, ils n’acceptent pas de dépendre des Américains, avec qui la confiance est rompue.
Ce budget n’est pas celui de notre indépendance : nous ne pourrons le voter.
En 2014, les effectifs seront réduits de 7 881 emplois. Comme toujours, on préserve les forces opérationnelles et l’on fait peser l’essentiel de l’effort sur l’administration et le soutien. Or, selon le chef d’état-major de l’armée de terre, s’agissant des personnels hors forces opérationnelles, l’identification des marges de rationalisation est difficile. Décider en dehors des réalités nous expose à de bien mauvaises surprises. S’agissant des forces opérationnelles, la dégradation des conditions de vie et de travail, l’enchaînement des réformes affectent la motivation de nos soldats. Il faut s’inquiéter de ce que la préparation opérationnelle de l’armée de terre passe de 150 à 90 jours.
Je terminerai en développant deux points. Premièrement, il est indispensable que s’ouvre une réflexion sur les coûts et l’utilité de la force nucléaire au moment où la communauté internationale pousse pour la mise en œuvre d’un traité d’interdiction des armes nucléaires, invoquant les conséquences humanitaires catastrophiques en cas d’utilisation de ces armes, sans oublier les victimes des plus de 2 000 essais nucléaires déjà réalisés dans le monde. Il faut mettre un terme à la course à l’armement nucléaire, contraire aux engagements internationaux de la France, notamment au Traité de non-prolifération, et négocier un désarmement nucléaire généralisé. Cela implique d’arrêter les programmes de modernisation de notre arsenal et de supprimer, comme première étape, la force nucléaire aéroportée. Quel est le coût précis de cette composante aéroportée dans le budget pour 2014 ?
Deuxièmement, pour mettre en évidence la logique de cette mission « Défense », qui supprime 7 881 ETPE, je mettrai en regard deux dépenses liées au personnel. D’un côté, 11 millions d’euros de mesures catégorielles sont prévus pour le personnel civil, soit une baisse de plus de 4 millions par rapport à l’année dernière. Rien n’est prévu pour les ouvriers de l’État. D’un autre côté, 195,2 millions seront consacrés aux mesures d’accompagnement des suppressions d’emploi. On le voit, c’est une logique antisociale et destructrice, dans la lignée complète de tous les budgets de la défense depuis 2007. Comment comprendre une telle orientation en période de crise économique et sociale ?

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Jean-Jacques
Candelier

Député du Nord (16ème circonscription)

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