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PLF 2015 (commission élargie) : Action extérieure de l’Etat

Je voterai contre ces crédits, ce qui ne m’empêche pas d’être de bonne foi, monsieur Loncle. La modernisation de l’action publique (MAP) a pris la suite de la révision générale des politiques publiques (RGPP), et le ministère a subi une réduction de 2 300 postes en une décennie.
Je me félicite néanmoins de la hausse du budget des bourses sur critères sociaux, de celui des bourses de recherche – de 5 millions d’euros – et de celui qui est consacré aux visas. Cette dernière augmentation est toutefois insuffisante pour absorber l’explosion des demandes, malgré un recours dangereux à l’externalisation. Monsieur le ministre, sur quels critères attribue-t-on les habilitations aux sociétés qui traitent les demandes de visas au nom des consulats à l’étranger ? La Commission de l’informatique et des libertés (CNIL) a-t-elle été saisie sur ce point ?
En outre, je désapprouve le projet de treize ambassades low cost – à bas coûts –, qui vont subir une réduction drastique de leurs effectifs et ne seront dotées à terme que de quatre personnes, y compris l’ambassadeur. Pour reprendre votre expression, monsieur le ministre, l’ambassadeur sera dans ce cas le « patron » d’une très petite entreprise (TPE) ! Je vois mal comment une telle ambassade pourra faire rayonner la politique de la France. S’agissant du réseau de coopération culturelle, je déplore la baisse sensible des crédits de l’Institut français.
Enfin, je regrette l’alignement atlantiste de notre politique extérieure. Au Moyen-Orient, nous avons mal géré la crise de Gaza, et il est temps de reconnaître l’État palestinien. C’est la meilleure chose que nous puissions faire, y compris pour la sécurité d’Israël. J’ai d’ailleurs noté, à cet égard, une évolution dans les propos que vous avez tenus devant l’Assemblée nationale, monsieur le ministre. Sous la pression des États-Unis, nous nous privons de travailler avec des acteurs importants au Moyen-Orient. Nous devons dialoguer avec tous sans exclusive, sauf avec les organisations terroristes et barbares, qu’il convient, au contraire, de combattre.
Monsieur Asensi, vous critiquez la politique étrangère menée par la France dans certains domaines, en estimant notamment qu’elle est atlantiste. Je n’ai rien remarqué de tel, et nous sommes nombreux dans ce cas. Lorsque les États-Unis et d’autres pays suivent la France, il s’agit d’une politique non pas atlantiste, mais française.

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François
Asensi

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