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PLF 2016 (commission élargie) : Culture

Au nom du groupe de la Gauche démocrate et républicaine, j’ai envie de me féliciter de la hausse de ce budget, tout en restant lucide puisque cette augmentation de 1,8 % fait suite à une baisse de 4 % en 2013 et de 2 % en 2014.
Si je me réjouis néanmoins, c’est pour des raisons symboliques : il aurait été incompréhensible qu’à l’heure où l’on voit se multiplier, chez nous et de par le monde, les atteintes à la liberté de création et la destruction du patrimoine de l’humanité sous les coups de barbares, la France ne montre pas son attachement à la culture, à l’accès de toutes et tous aux œuvres, à la liberté de création et à la diffusion.
Cela aurait été d’autant plus incompréhensible après le vote en première lecture du projet de loi relatif à la liberté de la création, à l’architecture et au patrimoine, dont l’article 1er réaffirme la liberté de création. Cet article, qui fut discuté, continue de m’apparaître indispensable dans le contexte actuel.
En ce qui concerne le budget, le service public de la culture m’inspire quelques inquiétudes. Je songe au personnel du ministère – on évoque la suppression de 30 équivalents temps plein ; quelle est la programmation pour les trois années à venir s’agissant des emplois du ministère ? Je songe aussi aux services déconcentrés. Avec les nouvelles régions, quel sera l’avenir de ces personnels ? La mobilité sera-t-elle contrainte ? Ces questions suscitent beaucoup d’angoisse. J’espère donc que vous pourrez nous donner quelques éléments de réponse, madame la ministre.
Je me félicite des mesures que vous avez décidées s’agissant des conservatoires. J’avais moi-même donné l’alerte avec les parents et les enseignants du conservatoire d’Aubervilliers-La Courneuve. Je sais que vous êtes sensible au problème particulier de l’accès aux instruments, dont on connaît le coût, et que vous réfléchissez aux possibilités d’aide en la matière. Pouvez-vous nous donner quelques informations supplémentaires sur ce point ?
Concernant les musées, et contrairement à ce qu’ont dit d’autres collègues, je ne crois pas que l’on puisse justifier l’ouverture sept jours sur sept par la nécessité d’accueillir les scolaires, qui pourraient tout à fait venir un autre jour. Au-delà des moyens de fonctionnement et des personnels, la mesure pose le problème du temps accordé aux œuvres, au patrimoine de ces musées. Ce slogan de l’ouverture quotidienne ne relève-t-il pas d’une course en avant pour satisfaire certains touristes sans que l’on s’interroge sur l’ouverture des musées aux populations des territoires ?
S’agissant des rapports avec les collectivités, on peut bien sûr se féliciter des pactes culturels, mais il faut entendre l’alerte que donnent plusieurs collectivités. La compétence partagée en matière de culture, de tourisme et de sport n’a pas de sens si les collectivités n’ont pas les moyens d’assumer leur part de responsabilité dans l’accès aux œuvres et aux pratiques culturelles.
En ce qui concerne l’archéologie préventive, il me semble nécessaire de réaffirmer le rôle du service public, c’est-à-dire de l’INRAP. Prenons garde que l’instauration d’une comptabilité analytique ne vise pas, comme cela a été le cas pour l’Agence France presse, à distinguer ce qui relèverait de l’intérêt général de ce qui n’en relève pas, et à accentuer ainsi encore la mise en concurrence. En effet, la concurrence déloyale émane aujourd’hui d’entreprises privées qui utilisent le crédit d’impôt recherche à des fins qui n’ont pas grand-chose à voir avec la recherche ni avec le développement, mais qui se résument à une course à la baisse des prix, contre le service public.
J’aimerais enfin, madame la ministre, que vous me rassuriez sur l’avenir de la scène de l’Aquarium, puisque vous vous êtes penchée sur ce dossier.
Madame Fleur Pellerin, ministre de la culture et de la communication : Je suis très attachée, madame Buffet, à la singularité de la Cartoucherie de Vincennes et à la place qu’y occupe le théâtre de l’Aquarium. Alors que François Rancillac achève son deuxième mandat, une évaluation est en cours – comme c’est la règle dans toutes les structures recevant des subventions publiques. J’ai souhaité que cette procédure d’évaluation soit partagée avec le conseil d’administration du théâtre, afin de choisir entre les différentes options proposées. L’engagement de l’État vis-à-vis de l’Aquarium n’est aucunement remis en cause : il n’a jamais été question de l’abandonner ou de mettre en question son financement public. Mon cabinet a convenu avec M. Rancillac de rencontrer le conseil d’administration pour arrêter un choix.

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Marie-George
Buffet

Députée de Seine-Saint-Denis (4ème circonscription)

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