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Explications de vote et scrutins

PLF 2020 - (ensemble du texte)

Le calendrier fait bien les choses puisque le 17 novembre 2018 commençait le mouvement des gilets jaunes. Depuis un an, donc, les Françaises et les Français sont descendus en masse dans la rue pour faire entendre leur détresse, leur sentiment d’abandon et leur opposition à votre politique. Vous avez méprisé ce mouvement et tenté de contenir cette colère. Pourtant, la gronde persiste et vous n’avez toujours pas proposé de mesures à la hauteur de la crise sociale et environnementale que nous traversons.

Il faut changer de paradigme et cesser de concentrer les efforts en faveur d’un retour obsessionnel à l’équilibre budgétaire sur le dos des politiques sociales ou à coups de suppressions d’emplois et de « modernisation » des services de l’État. La course folle à la statistique et la politique du « bon élève » du budget doivent cesser.

À la vérité, la stratégie de communication du Gouvernement axée sur la hausse du pouvoir d’achat et la protection de l’environnement ne trompe personne. Comment peut-on mettre en avant le pouvoir d’achat alors que, selon les chiffres de l’INSEE, 9 millions de Français vivent sous le seuil de pauvreté et qu’il y a eu plus de 200 000 nouveaux pauvres en 2018 ? Hélas, la baisse des allocations chômage amplifiera cette catastrophe. Comment se faire les chantres de l’environnement alors que, la semaine dernière, vous avez voté à la hâte un amendement afin de rétablir l’huile de palme dans la liste des biocarburants bénéficiant d’un avantage fiscal, avant un rétropédalage pitoyable ?

La différence entre vos discours et la réalité n’a jamais été aussi prononcée. Les injustices et la misère fleurissent mais vous refusez de voir la vérité en face. Pourtant, « il y a consensus sur les origines du mal : dans une mondialisation désordonnée et surtout dérégulée, le capitalisme provoque plus que jamais des inégalités grandissantes. Chaque Français sent bien que la croissance générale profite principalement à quelques-uns. (…) Force – et gêne – est de constater que, durant l’année des « gilets jaunes », les distributions de dividendes ont battu leur record historique et que les émoluments des patrons du CAC 40 ont crû de 14 %. Qu’on soit de droite, du centre ou de gauche, cette seule énonciation provoque l’indignation, explique la révolte. » À quelques mots près, nous aurions pu écrire cela !

Il s’agit pourtant d’un extrait d’une tribune parue ce week-end dans Le Parisien, à l’initiative du MODEM – vos alliés.

M. Erwan Balanant. Vous auriez dû la signer !

M. Jean-Paul Dufrègne. L’exaspération exprimée dans une tribune ne suffit pas, monsieur Mignola.

En ne votant pas ce budget, vous feriez, au-delà des mots, acte de résistance !

Oui, plus que jamais et avant qu’il ne soit trop tard, il faut changer de paradigme. Même dans vos rangs, votre politique indigne : il est grand temps de revoir votre feuille de route ! Vous demandez toujours plus d’efforts à vos administrations et aux Français, mais, dans le même temps, vous continuez les cadeaux aux plus fortunés.

Pendant le quinquennat, vous aurez procédé à plus de 197 milliards d’euros d’allégements fiscaux en faveur des plus aisés et des grands groupes. Vous avez supprimé l’ISF, instauré la flat tax, baissé l’impôt sur les sociétés ou transformé le crédit d’emploi pour la compétitivité et l’emploi – CICE – sans contrepartie. Ce sont autant de coûts pour l’État que de cadeaux pour les riches, cadeaux qui se font au détriment des programmes sociaux et environnementaux.

Le constat de ce PLF est sans appel : presque toutes les missions budgétaires sont victimes de coups de rabot. L’un des grands perdants n’est autre que Bercy. Les annonces de suppressions de postes n’ont cessé de pleuvoir, à tel point qu’entre 2020 et 2022, pas moins de 5 775 d’entre eux auront disparu. Pendant le quinquennat, 10 500 postes de fonctionnaires d’État, tous départements confondus, auront été supprimés. C’est sans précédent !

Je me réjouis cependant que nous ayons adopté, à l’unanimité moins une voix, l’amendement que j’avais déposé pour que toutes les veuves d’anciens combattants de plus de 74 ans bénéficient de la demi-part fiscale. Je me réjouis également du rétablissement du prêt à taux zéro dans l’ensemble du pays.

Ce PLF est pourtant celui des injustices : il constitue une énième consécration de votre politique sans projet, qui ne sert qu’un système, celui du capitalisme et des plus aisés. Vous préférez prendre des mesures temporaires et faire de grandes annonces, plutôt que de combattre les inégalités sur le fond. Reprenez-vous pendant qu’il est encore temps, sortez de vos certitudes et écoutez bien ce que vous diront les Français le 5 décembre prochain ! Cela ne sera pas de la rigolade !

Pour toutes ces raisons, les députés communistes et l’ensemble du groupe de la Gauche démocrate et républicaine voteront contre ce budget. (Applaudissements sur les bancs du groupe GDR. – M. Alain David applaudit également.)

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