Le 30 juin 1999
Ma question sadresse à Madame la ministre de lEmploi et de la Solidarité.
La lutte menée par les travailleurs de lusine DAEWOO, installée à Mont-Saint-Martin en Lorraine, convertie aux normes japonaises, a révélé crûment des pratiques patronales dont voici un aperçu.
Ramasser des mégots devant les collègues, rester des jours assis entre quatre murs à ne rien faire, être affecté à des tâches dévalorisantes, être sanctionné pour une minute de retard, tout est fait pour vexer, offenser, humilier, pour culpabiliser le travailleur, responsable, cet improductif impénitent, de nêtre pas suffisamment asservi à lentreprise.
Ces pratiques frappent sélectivement les salariés, jugés indésirables, particulièrement à leur retour de congés payés, de maladie, de congé maternité ou après un accident du travail. Ils ont manqué à la religion de lentreprise.
Il est à noter que la sempiternelle exploitation du travailleur se heurte aujourdhui à une contradiction majeure : les progrès techniques exigent de lui toujours plus dinitiative, toujours plus de responsabilité et toujours plus dintelligence cependant que la stratégie dentreprise attente à sa dignité, contradiction qui porte atteinte à lintérêt global de la société.
La malédiction du chômage et lexistence " dune armée industrielle de réserve ", de longue date décrite par MARX évoquant " larmée industrielle " de réserve qui attend aux portes des entreprises, et cette volonté, plus que jamais perfide, dasservir le travailleur est consubstantielle au régime que nous souffrons encore.
Ces pratiques sont aujourdhui analysées et décrites sous le nom de harcèlement moral, délit inconnu jusquici en droit du travail, font lobjet de publications, détudes qui ne nous ont pas échappé.
Pour ces raisons, le groupe communiste avec un collectif de juristes, de médecins de différentes spécialités, dinspecteurs du travail, de syndicalistes prépare une proposition de loi visant à prévenir et sanctionner le harcèlement moral. Nous prévoyons, sur ce thème, un colloque en septembre.
Madame la Ministre, êtes-vous disposée à soutenir une telle proposition, dussiez-vous lassocier à un projet de loi ?